Face à moi est assise une dame au tricot.
De doubles fils et mailles
se construit son travail.
Cela me prend soudain: détricoter ce cœur,
y découvrir un fil qui tant me fit filer,
me fit me défiler.
L'homme est particulier.
La maladie... une misère intérieure que je veux, pauvre idiot, transformer, un défi, en jardin d'agrément... et je n'y parviens pas...
dimanche 21 avril 2013
samedi 30 mars 2013
Printemps
Dans un œuf long, pas rond,
caché au coin oblong,
dormait, ivre, pas rond,
Printemps, douce saison.
Il trouvait le temps long,
marchait de large en long,
des jours en son wagon
se prenant pour un con.
Pas de mot, pas de son;
ne venait de chanson
appelant la saison.
Quelle était la raison?
Il paraît, c’est tout bon,
qu’une femme trublion
voulant se faire un nom
décida! Un chef , non?
Printemps serait le nom:
Vacances de printemps.
Le printemps n’est pas con
le voilà en vacances… pour de bon.
caché au coin oblong,
dormait, ivre, pas rond,
Printemps, douce saison.
Il trouvait le temps long,
marchait de large en long,
des jours en son wagon
se prenant pour un con.
Pas de mot, pas de son;
ne venait de chanson
appelant la saison.
Quelle était la raison?
Il paraît, c’est tout bon,
qu’une femme trublion
voulant se faire un nom
décida! Un chef , non?
Printemps serait le nom:
Vacances de printemps.
Le printemps n’est pas con
le voilà en vacances… pour de bon.
vendredi 29 mars 2013
Goût
C’est
le goût vert et tendre, clair et sec et croquant
de
la crème glacée, pistache et bouts de noix
comme
un matin joyeux, sans le moral gelé.
Et
la teinte marbrée, blanche et rose et pivoine
du
jus de fruit chambré, parsemé de reflets,
comme
une nuit d’été où le corps est léger.
Et
aussi le fondant des crèmes chantilly
enrubannées
d’amandes et parfois de violettes
comme
un jour sans question, comme un cahier sans maux.
mardi 5 mars 2013
Intérieur
Après avoir marché, des jours, aussi des nuits,
de pays en régions puis aussi en cités,
de hameaux en maisons, avoir franchi des portes,
je me suis retrouvé juste en face de mon moi.
N'étais-je qu'un portrait ou ma caricature,
je ne me suis reconnu qu'au son de ma voix?
Intérieure.
Ce que j'ai vu de moi, les traits de ce dessin,
les mots que j'entendais que l'on disait de moi
ne me correspondaient, je m'étais étranger,
je me voyais ceci, me découvrais cela,
je me voulais ainsi, on me disait voilà,
je me croyais pilote et chef de ma conduite.
Intérieure.
On dit l'effet miroir traitrise en son image;
cela je l'ai senti et pis je l'ai subi.
Je me suis ressaisi et j'ai repris les cartes
de ce jeu fait de dupes qui observent et puis tuent.
Je n'ai plus regardé, je n'ai pas écouté,
et j'ai repris mon cours calme et paisible, en moi.
Intérieur.
samedi 9 février 2013
Petit enfant malien
Bonhomme venu de loin, de tellement loin là-bas où le ciel est soleil, tout au fond de tes yeux les teintes de la terre parlent du temps passé. Mais l'as-tu donc connu ce pays égaré par un trait de l'histoire aux limites de l'homme, ignoré, écrasé?
Sais-tu que ses collines qui ont livré tes pères regorgeaient de troupeaux. Sais-tu que les habits de rameaux et de feuilles les rendaient grands et beaux? Sais-tu que des enfants couraient près des roseaux. Sais-tu que des bébés dormaient dans des berceaux? Que l'amour était chaud?
Tu es là devant moi, dans le pays de ceux qui ont tout abîmé, qui aujourd'hui encore te vouent au désespoir car ta peau est trop noire, ton pays un mirage qui n'apporte plus rien aux appétits gavés des gens de nos contrées, avec toit et papiers.
Habillé de nos maux tu dors, là devant moi, dans un train qui me mène pendant que tu te traînes de bureaux en services, de trottoirs en églises. On te dit sans papier et pourtant le cahier que fouille ta maman regorge d'impayés, d'envois recommandés.
Nos chemins se séparent, je descends de mon train, tu vas vers un destin que personne n'ignore tant il est anodin d'être en étant rien. Ton visage m'accompagne que travers de mes mots je veux te faire vivre, dire que tu es là, exiger qu'on le sache.
Exiger que l'on sache que ta vie n'est pas rien, exiger que l'on sache que t'as aussi ta place, petit enfant malien.
Sais-tu que ses collines qui ont livré tes pères regorgeaient de troupeaux. Sais-tu que les habits de rameaux et de feuilles les rendaient grands et beaux? Sais-tu que des enfants couraient près des roseaux. Sais-tu que des bébés dormaient dans des berceaux? Que l'amour était chaud?
Tu es là devant moi, dans le pays de ceux qui ont tout abîmé, qui aujourd'hui encore te vouent au désespoir car ta peau est trop noire, ton pays un mirage qui n'apporte plus rien aux appétits gavés des gens de nos contrées, avec toit et papiers.
Habillé de nos maux tu dors, là devant moi, dans un train qui me mène pendant que tu te traînes de bureaux en services, de trottoirs en églises. On te dit sans papier et pourtant le cahier que fouille ta maman regorge d'impayés, d'envois recommandés.
Nos chemins se séparent, je descends de mon train, tu vas vers un destin que personne n'ignore tant il est anodin d'être en étant rien. Ton visage m'accompagne que travers de mes mots je veux te faire vivre, dire que tu es là, exiger qu'on le sache.
Exiger que l'on sache que ta vie n'est pas rien, exiger que l'on sache que t'as aussi ta place, petit enfant malien.
samedi 26 janvier 2013
Auto mobile
Mon corps est une auto.
La boîte automatique
peut être manuelle.
Et les seuls deux rapports,
avant ou marche arrière,
décident, autonomes,
le sens et la vitesse.
Je suis le conducteur
et je les laisse faire.
La boîte automatique
peut être manuelle.
Et les seuls deux rapports,
avant ou marche arrière,
décident, autonomes,
le sens et la vitesse.
Je suis le conducteur
et je les laisse faire.
lundi 21 janvier 2013
Enfant de guerre
J’ai vu des larmes
sur tes joues, larmes de pleurs, larmes salées au goût de peur et ta
rancœur a bafouillé des mots de rage et sur tes joues j’ai vu de larmes
s’écouler. J’étais assis, j’ai regardé.
Ta peau est balafrée par les assauts glacés des frappes débridées de l’imbécillité; tes doigts se sont fermés sur des joies abîmées par des bâtards déchus aux rêves dépassés. Aux crêtes des forêts j’ai vu soudain flotter la hargne nationale éculée et débile de sergents de kermesse ivres de préjugés, inventeurs obsédés de la haine facile.
J’ai vu des larmes sur tes joues, larmes de pleurs, larmes salées au goût de peur et ta rancœur a bafouillé des mots de rage et sur tes joues j’ai vu de larmes s’écouler. J’étais assis, j’ai regardé.
Si l’aujourd’hui des cons façonne ton demain, je crains que toi, gamin ne tienne entre tes mains une folie plus folle, une arme plus fatale, connerie érigée en vertu capitale, qui ferait croire aux hommes que la terre natale ne peut être souillée, que ce serait fatal; adviendra un matin aux ardeurs féodales et sonnera le glas et vaincra la canaille.
J’ai vu des larmes sur tes joues, larmes de pleurs, larmes salées au goût de peur et ta rancœur a bafouillé des mots de rage et sur tes joues j’ai vu de larmes s’écouler. J’étais assis, j’ai regardé.
Au fond de moi résonnent secs et durs, inutiles, les coups fous des canons des armées imbéciles; si nous restons assis, se lèveront les vils, dans notre indifférence le fascisme fleurit.
Ta peau est balafrée par les assauts glacés des frappes débridées de l’imbécillité; tes doigts se sont fermés sur des joies abîmées par des bâtards déchus aux rêves dépassés. Aux crêtes des forêts j’ai vu soudain flotter la hargne nationale éculée et débile de sergents de kermesse ivres de préjugés, inventeurs obsédés de la haine facile.
J’ai vu des larmes sur tes joues, larmes de pleurs, larmes salées au goût de peur et ta rancœur a bafouillé des mots de rage et sur tes joues j’ai vu de larmes s’écouler. J’étais assis, j’ai regardé.
Si l’aujourd’hui des cons façonne ton demain, je crains que toi, gamin ne tienne entre tes mains une folie plus folle, une arme plus fatale, connerie érigée en vertu capitale, qui ferait croire aux hommes que la terre natale ne peut être souillée, que ce serait fatal; adviendra un matin aux ardeurs féodales et sonnera le glas et vaincra la canaille.
J’ai vu des larmes sur tes joues, larmes de pleurs, larmes salées au goût de peur et ta rancœur a bafouillé des mots de rage et sur tes joues j’ai vu de larmes s’écouler. J’étais assis, j’ai regardé.
Au fond de moi résonnent secs et durs, inutiles, les coups fous des canons des armées imbéciles; si nous restons assis, se lèveront les vils, dans notre indifférence le fascisme fleurit.
Inscription à :
Articles (Atom)
Haïssable
Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...
-
Ignorant. Tourmenté. Un moi déjà de doses inconnues aux effets malplaisants à vivre au quotidien. Passer outre, il le faut. Modifier le re...
-
D'un ton gris clair, passé, le soleil brille, éteint. On le devine au toit d'un ciel déconcerté. ...
-
Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...