Amour, émois, humeurs et maux
La maladie... une misère intérieure que je veux, pauvre idiot, transformer, un défi, en jardin d'agrément... et je n'y parviens pas...
lundi 25 août 2025
L'annonce
jeudi 28 novembre 2024
Désolé
Saturé. Trop d’années,
nombre de matinées,
autant d’après-midi
et finir en soirées…
saturé, trop donné
à ces maux, ces douleurs
à tant de lassitude,
aux oublis, au confus…
saturé, trop usé
à ne plus reconnaître
celui que je deviens
qu’il me faut accueillir…
saturé, sa-tu-ré,
excusez, désolé,
je n’ai rien demandé,
je suis accaparé…
Désolé, saturé…
© andré elleboudt
samedi 23 novembre 2024
Là
Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche. Souvenir de l’école. Rien de neuf dans ces mots. Je ne veux cependant pas brider mon regard. Car à gauche et à droite nos sociétés hésitent et bien souvent obliquent. Valeurs d’humanité ou abjections obscures, indifférence crasse. Gauche et droite aux extrêmes. Trahison. Entre-soi. Complot. Courte mémoire.
Tant mieux diront les uns. Les autres gémissant. Et le monde en est là.
De plus en plus nombreux des badauds se rassemblent aux balcons de l’Histoire. Ils cultivent en silence les plantations séchées de leurs indifférences. D’autres esprits se penchent sur le quoi, le comment, le quoi et le pourquoi.
Tout cela tout partout ressemble à l’hallali de nos rêves d’humains. Tout allait s’arranger proclamaient, dépassés, les Chambres et les Sénats. Quand sonne le réveil de l’urgence absolue, dites-moi, que fait-on ?
jeudi 14 novembre 2024
Dégel
Dans ce lieu inconnu je retrouve surpris des teintes qui me parlent.
Peu couru des gens bien, les marles le fréquentent. L'eau du canal étouffe.
Trois oiseaux, des passants et sur l'eau un chaland. La neige fond, salie.
Un ressenti pesant. Un homme planté là cherchant on ne sait quoi.
La quête d'un repas ? Âgé et courbatu, condamné s'il se trouve à finir au canal.
On devine un enfant. Entre ses deux parents ?
S'éloigne le chaland. C'est un triste matin, un hiver froid sans fin.
A Gand.
Le dégel.
Peint.
© andré elleboudt
devant un tableau de Albert Baertsoen – Le dégel à Gandmardi 5 novembre 2024
Brocart
Il faut beaucoup de temps pour patiemment tisser l'éphémère brocart qui fait du quotidien le trésor d'une vie.
Manipuler sans cesse l'outil tantôt boiteux ou tantôt merveilleux assemblant les divers pour en faire un commun demeure un vrai défi. Il demande courage, optimisme et santé dans un savant mélange de nuits noires et bleus rêves.
Les relations humaines qui surgissent des liens noués dans la patience fil à fil, nœud à nœud, composent dans nos jours un tapis de bien-être. La vie se fait douceur, rencontres chaleureuses, échanges de valeurs, partage de saveur et souvent grand bonheur.
Quand parfois il se peut que des fibres se brisent, c'est l'ouvrage en entier qui perd son harmonie. Et le regret s'installe puis parfois la rancoeur.
lundi 28 octobre 2024
Tout cru
Un kangourou joyeux coulait des jours heureux.
Pas un jour sans un bond, pas un sans un rebond.
Et l’âme si légère, un sillon de lumière.
Bien au chaud dans sa poche, entouré de ses proches
rien ne semblait troubler, rien ne faisait trembler
kangourou en ses jours. Une vie de velours.
Un jour il lui fallut s’émanciper. Ce fut
comme une aigreur ; malheur s’en aller pour ailleurs,
quitter ce sein douillet. Sa vie comme un boulet
perdit de son piment. Ces jours tel un tourment.
Il s’en alla par-là, cela ne lui plut pas.
En découvrant la vie, assumant ses envies,
il suivit ses désirs. Une partie de plaisir.
Sur sa carte du monde,des beautés, des jocondes,
parfois aussi des pièges, ceux qui la vie abrègent.
L’amour sur son chemin se fit joie et chagrin.
C’est la vie de chacun, casinos ou communs.
Quand le temps lui servit la fin de son récit
il en fut renversé. Il est fini l’été ?
A force de bondir et de tant rebondir,
aussi heureux qu’on fût on est mangé tout cru.
C’est une triste histoire que me narra un soir
un kangourou chagrin. Il était orphelin.
Son père n’était plus. On l’avait abattu.
On le croyait joyeux. Il devint si peureux
qu’il fuyait son regard craignant le traquenard.
La vie lui faisait peur. Un ignoble chasseur
revendit sa parure, cette douce fourrure.
Une histoire banale. La peine capitale
d’un pauvre convaincu d’être mangé tout cru.
© andré elleboudt
samedi 14 septembre 2024
Méfait
L'annonce
Et j’entre en dépression comme on entre en un lieu dont on ignore tout pour n’y être venu. Jamais. Et j’entre en dépression comme on desce...