La maladie... une misère intérieure que je veux, pauvre idiot, transformer, un défi, en jardin d'agrément... et je n'y parviens pas...
samedi 10 février 2024
mercredi 10 janvier 2024
Lutins
Pourquoi les mots parfois sont-ils creusés de trous
où chacun peut cacher le sens qui lui convient?
Et pour quoi les écrire si on y tait, sournois,
une intention secrète, la lettre masquant l'être ?
Les mots sont des lutins quittant les soupiraux
de nos secrets voilés, aérant nos consciences.
Ils jouent, pour qui entend, du flûteau, du cromorne
et se font messagers du ciel ou de l'enfer.
Car ce sont nos esprits qui décodent, hésitants,
les sens et contre-sens de l'entrelacs des lettres.
Les mots se sont criblés et nos pensées y fouillent
les souches et les racines qui nourrissent nos vies.
© andré elleboudt
vendredi 5 janvier 2024
Goûter
La gorge en feu, enflée de tant de mots recuits.
Des mots trop fricassés pour être savourés.
Un goût de temps perdu vomissant les saveurs.
Rêver d'être muet ou bien sourd ou les deux.
Protéger tous ces mots qui sont ma vérité
et risquent de fâcher les éloquents du Vrai.
Refuser les débats qui causent et rien ne disent.
Entretenir serein le pré de mes silences.
Donner l'oreille aux mots sur des pages de sable.
De la sorte, peut-être, goûter la compagnie.
© andré elleboudt
lundi 11 décembre 2023
Je la sens
Quand soudain un désir.
C'est le goût d'un dehors
Indécis. Toutefois …
Je me lève et, surprise. Elle est là, invisible. Je la sens, oui c'est elle.
Nous sommes deux en un.
Nous marchons en cadence. Au seuil du raidillon, dans le calme des pas, nos mots sont solitudes.
Le souffle calmement déguise nos secrets. Près d'une haie touffue une flaque nous piège. Son eau comme un miroir dessine mon allure. Je m'y vois. Je suis seul. J'éprouve sa présence. Je m'arrête et observe.
Dans un arbre tout nu, un bruit et je tressaute. Elle aussi réagit à l'envol de la pie. Je me dis c'est curieux. Action et réaction. C'est comme une cascade, un flot entrainant l'autre. Ce n'est pas insolite. Cela fait quelques temps qu'elle redit mes silences, reproduit mes sursauts. Il me semble comprendre qu'au fil de nos chemins actes brusques ou secousses sont copiés à l'envi. Serait-ce sa présence qui singe mes malaises ?
C'est alors que pensif je m'arrête et me pose, interrogeant mon corps, tous ses nombreux pouvoirs. Et j'y découvre alors des régions inconnues, lieux cachés, oubliés. C'est toute une cité. D'un côté des gentils produisent du bien-être promettant de mater les douleurs usinées par des raides sans cœur.
Nous étions deux en un.
L'un tantôt moissonnait quand l'autre labourait.
Avant-goût d'un hiver envahissant ma vie, éloignant tout printemps.
© andré elleboudt
mercredi 6 décembre 2023
Un religieux silence...
jeudi 30 novembre 2023
Imaginer
Si simple à dire. Imaginer.
Laisser le feutre caresser
la soie facile du papier.
Imaginer et puis foncer.
Sauter soudain les yeux fermés.
Entendre l'encre s'écouler.
Décortiquer le temps passé.
Me libérer, déraisonner.
Le vrai, le faux. Imaginer.
Quand le regard enfin s'éveille,
imaginer dans la bouteille.
N'y rien trouver qui émerveille.
Tout bien ranger dans la corbeille.
Casser du pied le vieux réveil.
Prendre la route du sommeil.
© andré elleboudt
mercredi 8 novembre 2023
... déjà là.
Les trainées du pinceau dialoguent muettes. Une journée s'annonce.
C'est le lever d'un jour, un matin coutumier. La brume au ras du sol et l'éclat d'un matin endormi dans ses rêves. Un réveil ordinaire aux lanternes éteintes.
Le cortège s'avance, lentement, assuré et j'en connais l'allure.
Pensées et réflexions s'imposent et paralysent. Coloré tout de terne le quotidien se place, sans relief et sans âme. J'en connais les ardeurs, les goûts et l'addiction. Mon humeur sera grise, mes idées de grisaille, mon esprit taciturne. Le brouillard se fait mur, les portes vers dehors refusent le passage. Silencieuse et maussade la journée processionne.
Les trainées du pinceau s'assèchent. Le soir est déjà là.
© andré elleboudt
Haïssable
Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...
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