jeudi 29 septembre 2022

Ta voix

Assiégé dans ma tour et prisonnier de moi

ta voix, fragile éclat d’un matin inédit,

éclaire ma noirceur. Violente tendresse.

C’est toi, là tout en moi qui dresse le couvert,

déjeuner de rosée au bouquet d’affection.

Un tête à tête hardi tant je suis alcazar.

Armée de ta douceur tu forces mes murailles,

entailles mes rancœurs. Il est lent le soleil

à percer le nuage qui, je crois, me dérobe

au regard chaleureux qui vient me démêler.

 

© andré elleboudt


jeudi 15 septembre 2022

Dindon

A longueur de semaines, chacun selon ses choix,

ils chantent à l’envi la rengaine du temps.

Il faut, faudrait, faudra, foi de moi sur ma mère

on fait, ferait, fera le max, le nécessaire.

 

Une déclinaison au ton catégorique sans mode impératif.

 

Et même l’idéal, qui sait, le jamais vu.

Ils se mettront d’accord le sud avec le nord.

Fini de pinailler, fini de ferrailler.

On va dialoguer et ne plus chamailler.

 

Moi, ça me fait bailler. Je pense à un dindon. 

 

© andré elleboudt


samedi 10 septembre 2022

Croisée

L’esquisse du chemin ne m’apparaît pas claire.

Je marche, vagabonde. Et là, une croisée.

 

Oser m’aventurer sans peur de m’égarer,

conscient de l’incertain et prêt à cheminer,

à perdre des repères, à me retrouver seul,

qui sait, peut-être plus ?

 

Ou un autre tracé. La route routinière,

garantie du connu, du sûr, de l’avéré,

assuré illico du bonheur certifié,

fruit de mes certitudes.

 

© andré elleboudt


mercredi 7 septembre 2022

Destin

Je lis que le destin

ça n’existe qu’après.

 

Qu’ajouter à cela

qui ne soit superflu ?

 

Je dépose la plume.

 

© andré elleboudt


jeudi 1 septembre 2022

Débat ?

Je t’entendais parler, de moi me semblait-il.

J’écoute pour savoir. Tu parlais bien de moi.

De ma vie, mon passé, morceaux de mon vécu.

En fait, tu comparais, ça je le ressentais,

des souvenirs à toi et mon passé à moi.

 

Nous ne sommes historiens que de nos propres vies.

 

Je me surpris alors à me taire. Un effort !

Bien malaisé me dis-je de risquer, à quoi bon

l’histoire comparée d’une pomme, d’une poire ?

 

© andré elleboudt

jeudi 25 août 2022

Dits.

Les mots ont été dits.

Que dire si un oubli

a laissé là, vacant,

un silence éloquent ?

 

© andré elleboudt


samedi 20 août 2022

Confus.

On dit ce mal diffus

tant il est malaisé

de préciser son lieu.

Le voilà qui écrase

ou grignote parfois

le calme d’être bien.

 

On dit ce mal diffus

tant il est corps et âme

avec lui qui le gîte.

Il fait partie têtue

de toute la personne

qui lentement succombe.

 

On dit ce mal diffus

tant le corps occupé

a perdu son état.

C’est une autre personne

qui aujourd’hui écope

au risque de couler.

 

On dit ce mal diffus

tant l’esprit est confus,

perdant son éloquence

et, insensiblement,

délayant son savoir

en tristes charabias.

 

On dit ce mal diffus,

je valide le mot

dans ma fragilité

de n’être plus jamais

celui que j’ai été.

« Confus », répond le mal.

 

© andré elleboudt

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...