dimanche 25 janvier 2015

Aveuglé

Aveuglé,
je l'étais devenu
de poursuivre, assoiffé, 

un bonheur
que ma quête étourdie
dévoila n'être
que possession
de l'absence.

mardi 20 janvier 2015

Le début

Ce fut soudain, venu de nulle part, comme une lune au cœur d'un ciel d'orage, un appel, une trêve, un éclat de lumière, un chemin creux menant à la rivière.
Un sentiment étrange, une langueur, comme un vent doux un matin de juillet, une grève, un sentier, un sourd coup de tonnerre, un bateau blanc qui partirait en mer.
Un horizon de feu dans une brume, comme une forme d'où jaillirait la vie, une aube matinale avant d'être soleil, un nulle part ou peut-être un ailleurs.
Une lueur pâle et si pénétrante, comme un visage qu'illumine un regard, une ombre, une présence, un souffle presque frêle, une question, le début d'un poème.

lundi 19 janvier 2015


Au fond du godet
vidé de son shot
montait, tel éther,
l'odeur singulière
d'un malt bien vieilli.

Plus haut que les bens,
l'iode et le sel
parlaient d'un village,
de ses habitants,
au bord des galets.

A l'insu des gens
qui, tous endormis,
rêvaient souriants,
le temps s'arrêtait
des jours et des nights.

Les kilts repliés.
Les pipes étourdis.
Les casks engourdis.
Les châteaux hantés
ne hululaient plus.

L'eau qui dévalait
du haut Ben Nevis
vers l'océan froid
devenait spirit
unique et goûteux!

Alors et soudain,
je me réveillais
l'haleine chargée
et l'esprit dizzy.
Comment, vous doutez?

samedi 17 janvier 2015

Je rêve

Je rêve d'un monde,
dit le cheval,
sans calèche ni coche.
Et moi, dit le paisible,
sans kalachnikov.

mardi 6 janvier 2015

Derrière

Et derrière un flocon
tout de blanc et mystère,
qui sait ce que l'on voit?

Je sais dit le marcheur:
un chemin tout perclus
par le gel et le froid.
Oh mais ma foi non,
dit un penseur ému,
un flocon est menu.

Je sais dit le pêcheur:
on y verrait un ru
descendant à l'étang.
Oh mais ma foi non,
s'écrie une douillette,
c'est froid et c'est tout cru.

Je sais dit le savant:
c'est vapeur d'eau gelée
s'éparpillant au sol.
Oh mais ma foi non,
renchérit le marchand,
c'est malheur aux affaires.

Je sais dit le pasteur:
ce sont des morceaux d'anges
rendant le monde beau.
Oh mais ma foi non,
hurla le mécréant,
c'est la pluie de l'hiver.

Oh, mais taisez-vous donc
s'émotionne l'enfant,
regardez, admirez,
pendant que vous parliez
le flocon a fondu.

dimanche 4 janvier 2015

A toi

A toi la main serrée, pour toi la main entière, je suis la main tendue.
Si tu es le soleil, tu seras de néon et moi incandescente.
Si tu étais humus et si tu étais terre, je serais le terreau.
Tu es le voyage, tu es la carte, je suis le pas.
A toi le sens, à toi les lettres, à moi le mot.
Tu es "et si", tu es "c'est", je suis "peut-être", disait le cœur à l'âme et au cerveau.

samedi 20 décembre 2014

Passons

Car j'ai cru très longtemps que j'étais préparé.
Par des mots, par le temps, je me voyais donner.
Une porte, une main et puis saute un verrou.
Un regard, juste un pain, c'est facile après tout.
Bras ouverts et un toit, et quelques différences,
tu débarques chez moi, je hais l'indifférence.
Je me croyais paré, on peut toujours rêver;
alors tu es venue, je n'ai pu digérer.
Assis dans mes croyances...
au creux des différences,
il y a bien des chances,
mais tu sentais le rance.
A l'abri des dorures je crois que j'ai douté,
le regard des bergers ne m'a pas enchanté.


Le gui et les guirlandes, la crèche illuminée…
les hymnes silencieux, c'est vrai que j'ai douté.
J'ai croisé ton regard et tu m'as dérangé;
j'ai regardé tes pas et j'ai fui ton chemin.


Ta mélodie sans air murmurait la misère.
De pipeaux ou de flûtes, rien de tout ça en toi.
Assis dans mes croyances...
au creux des différences,
il y a bien des chances,
mais tu sentais le rance.
Tu frappais à la porte de ma lâcheté.
J'ai donné un prénom au fond de ton panier.
Du creux de mes richesses a glissé ton visage,
j'ai senti ton haleine de joie et de bonté.
Je connais le prénom du fond de mon panier.
Du creux de ta détresse s'est brisé mon visage.
Tu me redis le nom de contrées inconnues,
je goûte à la saveur du vide de ta rue.
J'ai retenu ton nom, j'ai vomi ta maison.
Et tu es retournée. Ton regard? Oh, passons.

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...