jeudi 23 mai 2013

S'écouler



Déprimer.
Penser.
Ruminer.
S’enfoncer.
Penser.
Couler.
Crouler.
Tâcher
de surnager.

mardi 7 mai 2013

Qui, que?



Et les gens qui sont-ils derrière leur apparence ?
Que sont-ils au-dedans que l’on voit du dehors ?
Qu’apercevoir du cœur au-delà du regard ?
Qu’imaginer de l’être quand se tait le visage ?

Je vois sans le savoir que tu ne vas pas bien.
Je sais sans rien pouvoir que tu souhaites un mieux.
J’aimerais être là mais ne veux m’imposer.
Malaisé de me taire quand pourtant j’aimerais.

Et voilà tu es là, triste et vide à la fois
Et je ne suis pas mieux, anxieux et malmené.

Dites-moi...



Serait-ce une impression ou même une inquiétude ?
Aurais-je tout d’un coup déménagé sur terre
et me retrouverais-je à cent lieues de chez moi ?
Je ne peux rien en dire, j’ignore ce qui se passe,
je n’en connais le sens mais j’en ressens le poids.

Me serais-je absenté tant de jours et le temps
aurait-il défilé à de telles vitesses
que j’en aurais perdu et le goût et la voix ?
Je me sens incapable et inculte à la fois
pour dire ce que je vis dont je ressens le poids.

C’est comme une impression ou même une apathie.
Je suis toujours ici et ne me suis enfui
et je n’ai pas enfoui en moi cette déveine.
Je sens une anxiété qui se ferait angoisse,
pis encore un mal être m’écrasant de son poids.

Dites-moi si les hommes et les femmes aujourd’hui
ont perdu le plaisir de parler, de se dire,
aussi de s’écouter et de dialoguer ?
Partout, de plus en plus, ce ne sont qu’anathèmes,
hystérie ou menaces, folie d’un si grand poids.

Je ne reconnais plus le monde et ses élans ;
j’ai du mal à subir procès, intolérances,
coups de poing, invectives, affirmations qui tuent.

dimanche 21 avril 2013

Fil

Face à moi est assise une dame au tricot.

De doubles fils et mailles
se construit son travail.

Cela me prend soudain: détricoter ce cœur,
y découvrir un fil qui tant me fit filer,
me fit me défiler.
L'homme est particulier.

samedi 30 mars 2013

Printemps

Dans un œuf long, pas rond,
caché au coin oblong,
dormait, ivre, pas rond,
Printemps, douce saison.

Il trouvait le temps long,
marchait de large en long,
des jours en son wagon
se prenant pour un con.

Pas de mot, pas de son;
ne venait de chanson
appelant la saison.
Quelle était la raison?

Il paraît, c’est tout bon,
qu’une femme trublion
voulant se faire un nom
décida! Un chef , non?

Printemps serait le nom:
Vacances de printemps.
Le printemps n’est pas con
le voilà en vacances… pour de bon.

vendredi 29 mars 2013

Goût


C’est le goût vert et tendre, clair et sec et croquant
de la crème glacée, pistache et bouts de noix
comme un matin joyeux, sans le moral gelé.
Et la teinte marbrée, blanche et rose et pivoine
du jus de fruit chambré, parsemé de reflets,
comme une nuit d’été où le corps est léger.
Et aussi le fondant des crèmes chantilly
enrubannées d’amandes et parfois de violettes
comme un jour sans question, comme un cahier sans maux.

mardi 5 mars 2013

Intérieur


Après avoir marché, des jours, aussi des nuits,
de pays en régions puis aussi en cités,
de hameaux en maisons, avoir franchi des portes,
je me suis retrouvé juste en face de mon moi.
N'étais-je qu'un portrait ou ma caricature,
je ne me suis reconnu qu'au son de ma voix?
Intérieure.

Ce que j'ai vu de moi, les traits de ce dessin,
les mots que j'entendais que l'on disait de moi
ne me correspondaient, je m'étais étranger,
je me voyais ceci, me découvrais cela,
je me voulais ainsi, on me disait voilà,
je me croyais pilote et chef de ma conduite.
Intérieure.

On dit l'effet miroir traitrise en son image;
cela je l'ai senti et pis je l'ai subi.
Je me suis ressaisi et j'ai repris les cartes
de ce jeu fait de dupes qui observent et puis tuent.
Je n'ai plus regardé, je n'ai pas écouté,
et j'ai repris mon cours calme et paisible, en moi.
Intérieur.

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...