mercredi 3 juin 2015

Jamais

Débouchant tôt matin en régiments vissés
de partout en ma chair, de tout petits bonshommes,
les outils à l'épaule, s'en revenaient, fourbus,
de la pause de nuit.
Suant des heures durant aux quatre coins du corps
ils avaient poursuivi le travail entamé
il y a si longtemps, obéissant en chœur
à d'invisibles chefs.
Les termes du contrat qui les réunissait
étaient de tout casser et de ne rien laisser
qui donne du plaisir, suscite le bien-être,
embellisse la vie.
Et ils y parvenaient, foi de moi, et fort bien.
Ils hantaient tous les os, qui harponnant tendons,
qui écrasant phalanges, en surchauffant ceci,
réfrigérant cela.
Puis le corps se brisait, emportant avec lui
l'âme et tous ses états, le cœur avec ses joies,
l'esprit pour enrayer la force d'avancer.
Tout semblait s'arrêter.
Soudain, un journalier au cerveau plus conscient
proposa d'arrêter la guerre et ses dégâts.
Et très, très doucement, un goût de paix plana,
le calumet fuma.
En soirée commença un chantier lent et long,
chacun rebâtissant, au mieux qu'il le pouvait,
la vie et ses émois. Mais, cependant, jamais
rien ne fut comme avant.

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