jeudi 16 décembre 2021

14 août

La vitre s'est brisée,

le grêlon est tombé

sur le tapis de laine.

L'air, alors échappé,

engluait corps et biens

dans le gilet tout froid

d'un hiver si précoce.

 

Sur le calendrier

vendredi quatorze août

ne réchauffait qu'à peine

l'ambiance domestique.

La vie à tout jamais

serait autre et nouvelle !

Le climat décidait.

 

© andré elleboudt


jeudi 2 décembre 2021

Simple

Entendre tout et puis entendre son contraire.

Réaliser que tout est complexe et ardu.

Et rêver simplement de la simplicité.

 

Me plonger dans le bain des évidences. Point.

M'endormir assoupi embué de questions.

Me réveiller de nuit aux portes du tourment.

Me demander, friand, si vivre c'est cela.
Un tiroir à questions. Puis vider ce tiroir.

 

M'interroger curieux questionnant l'assurance.

Imaginer, qui sait, que le simple étourdit ?

L'apparente évidence barricade au réel,

étouffoir de débat, cachot des idées vraies ?

Si tout était si clair, si simple et si facile

pourquoi tant d'embarras, de cailloux, de cahots ?

 

Et si la séduction des évidences simples

murait de ses sophismes le champ des vérités

qu'il nous faudrait alors taillader, labourer,

planter et assoler pour enfin découvrir

et déguster, vorace, le complexe vivant. 

 

© andré elleboudt


samedi 27 novembre 2021

Invitation

Il y a les misères,

les siennes et puis les autres.

Il y a l'inquiétude

qui s'infiltre et puis mine.

Il y a l'impatience

qui guette et puis qui ronge.

Il y a la douleur

qui s'incruste et puis règne.

Et la sérénité

qui vient si on l'invite.

 

© andré elleboudt


lundi 22 novembre 2021

Peur

Avoir peur, simplement. Si peur de dire son fait que l'esprit en devient fébrile, sec à la fois.

Quelle étrange aventure qui fait rentrer en soi et débusque à l'envi les troubles mécaniques, les limites et crevasses transformant les questions en fosses abyssales où l'être humain se perd.

Vouloir exprimer ça, ne pouvoir énoncer ni le ç, ni le a. Puis demeurer muet, douloureux du silence.

La vie se fait cruelle quand le mal envahit jusqu'au vouloir se dire, que rien ne peut alors libérer ou le cœur ou l'esprit ou la vie.

Et vivre ainsi devient l'ombre de l'énergie qui se nourrit de force pour ne rien exprimer.

© andré elleboudt


jeudi 11 novembre 2021

Scalpel

Venant de tout là-haut jusque là tout en bas

c'est le même tableau, tout partout un combat.

A chaque carrefour des éclats, des cratères,

le spectacle alentour c'est douleurs et misères.

On a miné les coins, explosé les jointures,

déshabillé les poings, brisé les encoignures.

Les membres entravés s'achèvent d'anémie,

les phalanges figées s'abandonnent sans vie.

Le tout de moi cassé. Et de la tête aux pieds !

Qu'a-t-il pu se passer. Objectif torpillé.

Et tout au fond là-bas se consument des voix

à trop hurler, soldats ivres de désarroi.

L'humeur est à l'orage, les mots sont mutilés,

le regard blanc de rage se dit prêt à tirer.

Je me croyais en guerre. Ce mal qui m'occupait.

J'éventais mes mystères. La douleur me cassait.

L'ennemi m'oppressait, aux poignets, aux chevilles.

Tout qui s'articulait me pourrissait la vie.

Mon esprit se perdait en de folles promesses,

mes forces s'épuisaient en de vaines prouesses.

J'avais mal, j'en crevais à n'en pouvoir bouger,

quand le mieux s'installait il ne pouvait durer.

 

C'était comme un rappel, pointu comme un scalpel.

 

Le tout de moi brisé. Tout, de la tête aux pieds.

Qu'allait-il se passer ? Ne plus rien maquiller.

Le quotidien passait. Des restes d'énergies.

Le mal se régalait. Putain, une tuerie.

Et lentement l'esprit, oubliant, confondant,

se perdait lui aussi, s'inquiétant, déprimant.

 

L'humeur se fait nuit noire, les mots vont se coucher,

le regard en peignoir se refuse à penser.

 

© andré elleboudt

dimanche 7 novembre 2021

Lapins

Tant de gens accablés

vivant autour de nous,

dont nous ignorons tout

jusqu'à la moindre plaie.

 

Sombrement écrasés

de guerres et de conflits,

de bisbilles, de dépits

et qui restent dressés.

 

Simplement abattus

par maux et maladies

errant dans l'anarchie

sans être reconnus.

 

Tragiquement noyés

lors d'un combat naval

dans l'eau de vie létale

d'un climat dévoyé.

 

Injustement tous ceux

que le sort a semés,

nullards, inanités

loin du cœur et des yeux.

 

Odieusement tuées

sur un coin de bureau

par un mâle fléau

dans leur féminité.

 

Innocemment brisés

tout au fond de l'église

par la sombre expertise

d'un clergé dépravé.

 

Tous ces êtres oubliés,

sacrifiés, mutilés

dont on craint de parler,

espérant oublier.

 

Howard Zinn a écrit

"Tant que les lapins n'ont pas d'historiens

l'histoire est racontée par les chasseurs."


samedi 6 novembre 2021

Sinon

Au hasard des journaux.

Un doute m'envahit.

Désastres naturels,

mon pays, la Belgique

n'est pas prêt.

Espionnages, attentats,

mon pays, la Belgique

n'est pas prêt.

Accident nucléaire,

mon pays, la Belgique

n'est pas prêt.

 

Et sinon, vous, ça va ?

 

© andré elleboudt 


Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...