mercredi 31 juillet 2019

Reflux

Là.
Solitude.
Sur une île perdue.
Peut-être.
Personne ne le sait.
Perdre une île n'est pas courant.
Et être seul sur une île perdue
ne doit pas être simple.

Qu'importe.

Peut-être l'île a-t-elle aimé se perdre.
Etre solitaire peut aussi s'apprécier.
Mais personne ne sait s'il est lui ou bien elle.
Elle n'est probablement pas île.
Et si c'est lui, serait-il un marin échoué sur une île?
Serait-elle sirène? Une histoire naîtrait-elle
de ces inconnues marines?

Mon esprit se dilue dans l'amer.

Je regarde la mer et mon regard se perd.
Je crois apercevoir au-delà du lointain
l'allure d'un moulin accueillant à tous vents
tous les mots d'un humain très seul, rêveur aussi.
Et si lui existait ?

J'avoue que je marine. Peut-être est-ce un reflux.

© andré elleboudt

jeudi 11 juillet 2019

Une dent

Comme une nique un jour
tout au bord de mes lèvres,
fragile et si branlante,
l'envie me prit soudain
de me mettre en chemin.
Depuis longtemps déjà
je cherchais une voie
qui porterait la mienne
aux oreilles du monde.
Être enfin, sans repos,
la voix de qui j'étais
sans fard et sans pudeur,
exposant mes extrêmes
étendus entre forces
et misères pesantes.
La dent vint à tomber
découvrant, sans tambour,
le vrai du vrai en moi.
Cette dent de l'enfant
laissa place vacante
à la dent de sagesse
qui, enfin dépouillée
des salives obscures,
raconta à tout va
le b.a.-ba de moi.

© andré elleboudt

vendredi 5 juillet 2019

Rubans


Je rêve que parfois ma vie se voit pourvue
de fermeture éclair permettant aux instants
de fuir ou de se taire. Faudra-t-il accepter
que l'esprit règne en maître organisant la vie
au détriment du cœur ? Car il peut arriver
qu'au défilé des jours des moments ou des heures
se transforment on le sait qui en joies, qui en peines
ou bien pire ou bien mieux. Et mon cœur en ses choix
se sent alors souvent interdit de penser,
privé de liberté. Puis il me reste alors
à ruminer sans fin sur l'étrange destin
où je me perds, à moins que l'esprit facétieux
me donne ce pouvoir d'enrubanner le temps.


© andré elleboudt

samedi 29 juin 2019

Comment est-ce que vous dites ?


Un poil de bite un soir de foire
se retrouva dans l'urinoir.
Un frais coup d'eau le baltingua
au loin, aux rives de Volga.
Il était né un soir de mai
sur la peau douce d'un abbé.
Il ignorait tout de la vie,
plutôt jubé et très peu fille.
Mais la Volga n'est pas que claire
et dans ses flots bien éphémères
végètent, épient des prédateurs
aux intentions, disons, sans peur.
Que faire dans l'eau d'un poil puceau?
Le filer serait vain, trop fin,
le tresser, trop court et pas beau.
Ainsi filait le fleuve hautain.
C'est au détour d'une frayère
que soudain prit fin la galère.
Le poil défait vint échouer
au cœur d'un pinceau décoiffé.
La nature quand elle le veut ose.
Le duvet rassuré se pose
au cœur décoiffé du pinceau.
Agit le miracle de l'eau.
Et le pinceau soudain revit,
le poil aussi s'arrime et vit.
Sur l'étal bleu d'un brocanteur
le pinceau séduit un preneur.
Ce dernier aime la peinture,
la vie, l'amour et les cœurs purs.
Voilà que son talent nouveau
trace un amour, des corps tout chauds.

On a glosé sur l'impulsion
des peintres et de leurs productions.
Le fond puant d'un vieux pissoir
peut inspirer un vrai Renoir.

© andré elleboudt

mardi 25 juin 2019

S'asseoir



Puis s'asseoir au soleil.
La table est accueillante.
Et la soif éveillée.
Le corps aussi demande
que le calme s'installe.

La nature est bien faite.
Le garçon en terrasse
dépose en souriant
l'objet de ce plaisir,
je dis assez banal.

Car ainsi va la vie
faite de petits riens
qui même rassemblés
ne font pas un récit.
Mais parfois désaltèrent.

© andré elleboudt 

vendredi 21 juin 2019

Temps et temps

Sur la fenêtre close
de la petite chambre
le temps, patient, s'écoule
parmi les gouttes d'eau.
Chacune en son éclat
se trouble et les chagrins
assombrissent le ciel.
Le temps est aguerri
mais il ne peut se faire
aux silencieux concerts
de cette masse d'eau
charroyant l'amertume
harponnant le vitrage.
Il a beau inspirer
la vie et ses tableaux
le temps est l'obligé
du ciel en ses climats.

© andré elleboudt

samedi 15 juin 2019

Orée


La route un jour, au terme d'un voyage
jugea le temps venu d'inattendus coups d'œil.
Pourquoi pas un sous-bois, à l'abri du raffut,
aux hasards de la vie, au choix de ses humeurs.
Et voilà qu'un matin, la sente dévoila
ce qui longtemps pourtant était demeuré tu.

Le goût du temps élu,
passé à en goûter
le charme des instants.

L'odeur des pas jetés,
foulés comme à l'envi
à la main du bonheur.

Les visages du ciel,
compagnons bienveillants
des merveilles du monde.

A l'orée des croisées,
des chemins se traçaient
ouvrant aux tête-à-tête.

La sensualité
de folles échappées
éveillait le désir.

La terre et ses mystères
en un flot intrépide
prodiguait ses bienfaits.

La femme reprend corps, la profusion des dons
enfante l'éternel. Plus rien ne signifie
le manque ou le chagrin, existe l'absolu.
Le cœur se réjouit aux rires de l'esprit.


© andré elleboudt

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...