mercredi 30 décembre 2015

2016

Le regard de chacun colorie l'univers et le monde apparaît divers et singulier. 

Regardons donc la vie dans ses hauts et ses bas pour en garder le beau.
 
Avec tous les myopes, observons de très près tout ce qui rend heureux et fait la vie plus belle. Soyons hypermétropes et regardons de loin ce qui nous indiffère! Parfois souhaitons être atteints de daltonisme et dégustons les tons pour ce qu'ils ne sont pas, le monde devenant autrement coloré. Ou bien plus simplement, chaussons chaque matin des appliques plus roses, des optiques enjouées quand l'esprit est au blues, des branches plus flexibles si nous sommes tendus, des verres grossissants quand tout semble mesquin, portons des lorgnons flous pour accueillir nos rêves.
 
Allez, ayons bon œil pour faire de 2016 une année cristalline… et puis prendre un bon verre. Que l'année vous soit belle.

dimanche 27 décembre 2015

Goutte



goutte à goutte éphémère 
capable en un instant 
de verdir un désert 
comme une goutte d'eau 
tu es entrée en moi 
capable en un moment 
de guider mon errance 
tu es désaltérance

samedi 12 décembre 2015

Marinade

 






















Dans un pays normal, depuis plusieurs années,
se transmet, père à fille, un banquet peu goûteux.
Alléchant, le menu vous séduit. Un régal.
Les produits sont si purs qu'on ne craint le souci.
L'aliment est choisi selon son origine,
la cuisson se prépare à chacun son poêlon.
J'ai pourtant toujours cru qu'un bon plat mariné
est trésor au palais et que chercher ce qui
apporte la saveur au goût de mijoté
est plaisir pour l'esprit. Du tout jaillit l'exquis.
Mais il semble aujourd'hui que les plats se font secs
et les sauces sans goût à vouloir cuisiner
un légume à la fois. Trop de diversité
nuirait-elle à nos tables? Mais le succès est là.
Gastronomes de France et puis aussi d'ailleurs,
expliquez-moi pourquoi l'uniforme aujourd'hui
envahit nos assiettes et puis bientôt nos rues?
Il y a ma foi peu d'aliments à choisir
dans les tons bleu, blanc, rouge. La cuisine est plurielle.
Je voudrais tant ce jour que nos plats se marinent.
Car en se marinant tous les goûts se révèlent.
Il nous faut mariner la France et puis le monde
aux saveurs délicates de la diversité.
Refusons d'écouter deux sirènes sectaires,
se disant républiques. Refusons de voter
pour de vicieux sauveurs, faux émancipateurs.
Refusons de penser que pour être nation
il faut être homogène, semblable et insipide.

© andré elleboudt

dimanche 29 novembre 2015

Inadmissible



Penser des procédures
de protection des gens
contre le fanatisme,
devoir de nos élus,
en soi, indispensable.

Ne pouvoir s'accorder
entre élus au pays
pour protéger les gens
du climat détraqué,
en fait, inadmissible.

© andré elleboudt

mercredi 11 novembre 2015

Somme




La vie est triste en Somme;
résignés, alignés,
abattus, allongés.
Blanche, la pierre en Somme.

L'humanité en Somme,
debout pour des idées
se serait sacrifiée.
Rouge, la terre en Somme.

L'identité en Somme
n'a pas droit de cité,
sous terre, corps entassés,
la mort est triste, en Somme.

© andré elleboudt

vendredi 6 novembre 2015

Rouge


 


Au soleil de vieux murs
rougis de tant de briques,
aux teintes sang si fort
que l’on en prendrait peur,
assis au ras des pierres
bleutées et puis taillées,
enrobé de chaleur,
je te parlais, t’aimais.


© andré elleboudt

samedi 31 octobre 2015

... n'ont qu'à faire un effort...

 Résultat de recherche d'images pour "migrations"

Il s'agit simplement d'apprendre, en peu de temps,
le langage courant de ceux qui les accueillent…
ces humains en errance, êtres en désespérance.
Sur un décret d'État, cela semble évident.
A bien y réfléchir, un des travaux d'Hercule.

Car là où nous naissons, nous devenons chacun
les enfants naturels des langues maternelles.
Les mots nous constituent. Imaginons un peu…

Maîtriser tous les mots du quotidien de l'autre,
de celui qui accueille, ses images et nuances.
Les mots de subsistance, du manger et du boire,
les noms de fruits, de plats; maîtriser les coutumes,
les usages et les termes d'un autre savoir-vivre.
Les mots de la rencontre, ceux de l'abord cordial,
ce que dit l'entretien, habille les retrouvailles
et ponctue l'amitié. Simplement être avec.
Les mots de la culture de l'autre et de sa vie;
son passé, ses projets, la saveur poétique,
ce qui le rend unique et permet l'empathie.
Et autant de manières de narrer son humeur,
de traduire joies et peines, de pleurer sa tristesse.
Les mots de la nature, du temps que l'on prévoit.
Et comment formuler, sur soi, l'effet du temps,
la force des saisons? Comment se dire ému
de la beauté du ciel, du parfum de la fleur?
Les mots de la technique quand on quitte effrayé
et débarque ébahi dans un univers neuf
sans glossaire éclairant, ignorant de l'usage.
Et puis dire qu'on est bien quand on sort du carnage,
que l'on voudrait aimer quand on a vu la haine:
c'est quoi un mot d'amour, comment le murmurer?
Et ce qu'on a quitté, les siens, les choses à soi,
ses secrets de famille, photos et souvenirs?
Dans quoi les transporter quand on a tout laissé?
Comment dire sa misère et sa joie d'être là
partagé cependant entre doute et espoir?
Il suffit simplement d'apprendre, en peu de temps,
le langage courant de ceux qui les accueillent…

Ce doit être cela, s'intégrer vite et bien
à ce que l'on dit être l'Europe tendant ses bras.
Avez-vous essayé, librement, de tenter
ce que nous appelons, assurément, sans rire
parcours d'intégration…?

Oh mais, faut pas pousser, n'ont qu'à faire un effort.

  
© andré elleboudt

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...