vendredi 21 mars 2014

Bien fait


L'homme est vraiment bien fait
qui marche sur deux pattes!
Il est bien supérieur
en ça aux animaux.
Si le serpent un jour
se cassait tout le ventre,
où le pigeon un soir
se détruisait une aile,
et le poisson l'ouië,
que leur resterait-il
pour se mouvoir sur terre?


lundi 17 mars 2014

Déjà ça.

Une voix a parlé
ou était-ce une page,
ou même encore un geste,
peut-être une chanson?

Viens, oui, te poser là,
viens donc te reposer,
viens avec tout ton toi
et déjà ça ira.

J'ai entendu cela
comme une eau de ruisseau
au cœur d'un été sec.
Et venait un vent frais.

Etait-ce la lueur
des yeux ragaillardis?
J'ai entendu ta voix
et c'était déjà ça.

dimanche 9 mars 2014

Sentier

L'image d'un sentier, un frais chemin terreux,
boueux, cerné d'ornières et d'herbes, vert au long,
à la tendre lumière d'un soleil printanier.
Je marchais près de toi, j'étais bien, insouciant.
Le long du pré verdi, enclos de barbelés,
accueillant cependant, la vie apparaissait
paisible et douce et belle. Dans mon esprit chagrin,
se baladaient pourtant des idées pas faciles,
des pensées déplacées dont le gris tranchait tant
avec la paix des lieux. La vision du sentier
jours et nuits j'ai tâché m'en habiller le cœur
et l'esprit puis la vie pour écarter ma vue
du carcan du mal-être. C'est un aller-retour
sans cesse et si présent entre peines et soleils,
entre nuits et lumières. Il m'est tant malaisé
d'être et de trébucher puis encore de tomber.

dimanche 16 février 2014

Pavillon bleu

Sous le pavillon bleu d'un ciel mis au combat
avançait un soldat appareillé, forcé
de débuter la joute à l'issue incertaine,
au rival inconnu. Une armée solitaire.
Le moral au plus bas et les forces affaiblies
le voici s'avançant sans trop savoir pourquoi
il menait ce baroud tant l'issue était sûre.
D'illusoires victoires en défaites pénibles,
il connaissait le goût âpre et sec et tenace
des lendemains sans gloires, aux cieux bas et grisés.
Pourtant ce matin là, au fond de son esprit,
il ne pouvait ôter une impression diffuse.
On aurait dit que là, au tournant du chemin,
se levait un matin soufflant d'autres saveurs,
un brouillard azuré, un sentiment sucré.
Il se mit en posture d'affronter l'inconnu
qui, devant lui soudain, s'était mis à courir
vers lui tel un torrent. Son visage et ses lèvres
articulaient des mots qu'il ne comprenait pas.
Il s'arrêta dès lors attendant le contact.
Et rien ne se passa. Son esprit fatigué
par tant de nuits de maux le faisait divaguer
et il imaginait qu'à force de se battre
il ne pouvait, malheur, que s'enfoncer encore
et devenir une ombre, l'objet discipliné
de son corps amoindri, un portrait désuni
de ce qu'il croyait être. Et le temps a passé
avant qu'il ne s'éveille et se mette à tenir,
c'était son quotidien, comme un humain perdu
en quête d'un destin sans mal et sans misère.

dimanche 19 janvier 2014

Nicolas

J'ai cœur à l'envers,
retourné et sans air.
J'ai appris aujourd'hui
le départ de celui
rencontré çà et là
aux détours de la vie,
aux jours joie, aux cieux noirs,
sur le bord d'un trottoir,
face à un auditoire
qu'il me faisait plaisir
simplement de revoir.
Son regard et sa voix,
son rire et ses questions
éteints à tout jamais.

samedi 18 janvier 2014

Dis




Dis-moi, si de là-bas,
pour autant qu’il existe,
on voit les nuits, les jours,
si l’on goûte aux étés,
si l’automne à l’odeur
des matins embrumés
et si du haut des toits
on perçoit en hiver
la chaleur des foyers?
Redis-moi le pastel
des cerisiers en fleurs.

vendredi 10 janvier 2014

Aux dés

Je joue aux dés en chantant comme si la vie était un hasard.
Je regarde vivre autour de moi ceux que j'aime et puis d'autres
comme si leurs vies étaient un bazar ignorant les rayons.
Je joue en désenchantant comme si la vie était une joie rare.

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...