mercredi 14 novembre 2012

C'est bin vré...

Voilà le temps qui passe. Le temps passe et s’efface.
Et cette vie qui va. La vie va et se tasse.
Le soleil est parti et puis la lune aussi,
les heures et les secondes et ce rien qui survit.
Jamais je n'avais cru que les temps de la vie
seraient indélicats ou bien mauvais joueurs.
Je croyais en la loi d'un bonheur absolu.
Je me voyais vainqueur aux sommets éthérés
de la vie, de ses joies; je gravissais sans peine,
sans doute et sans effroi les pentes dangereuses
en ne doutant de rien, ni de quoi que ce soit.
On avait préservé, au creux de la tendresse,
ce moi, tout petit d'homme, "Dieu, que rien ne l'abime,
et que rien ne l'effraie ou pis ne le détruise!"
Et j'étais devenu au fil du temps qui passe
un être humain joyeux, insouciant, amusé.
Je suis sûr cependant qu'au cœur de ceux qui m'aiment
c'était belle manière d'élever en ce sens
le fruit de leur amour. Aimer c'est protéger.
Puis me voilà ici, au beau milieu de moi,
emberlificoté de misères et de paix,
tétanisé de peur, engoncé de bien-être,
tant envahi de moi que je ne sais qu'en faire,
opinant pour ceci sans trop savoir pourquoi,
et renonçant à ça car ça ne se fait pas,
regardant les yeux secs un monde à la dérive,
observant les humains s'en venir et aller
s'étripant, se tuant, se parlant ou s'aimant
pour les mêmes raisons, pour des dieux ou pour rien
simplement pour crier "j'ai raison et toi tort",
les autres dont je suis restant là, spectateurs,
commentant la dérive du temps, des sentiments.
On dit que tout fout l'camp, beh c'est bin vré ma fwoa…

mardi 30 octobre 2012

Intérieur

Après avoir marché, des jours, aussi des nuits,
de pays en régions puis aussi en cités,
de hameaux en maisons, avoir franchi des portes,
je me suis retrouvé juste en face de mon moi.
N'étais-je qu'un portrait ou ma caricature,
je ne me suis reconnu qu'au son de ma voix?
Intérieure.

Ce que j'ai vu de moi, les traits de ce dessin,
les mots que j'entendais que l'on disait de moi
ne me correspondaient, je m'étais étranger,
je me voyais ceci, me découvrais cela,
je me voulais ainsi, on me disait voilà,
je me croyais pilote et chef de ma conduite.
Intérieure.

On dit l'effet miroir traitrise en son image;
cela je l'ai senti et pis je l'ai subi.
Je me suis ressaisi et j'ai repris les cartes
de ce jeu fait de dupes qui observent et puis tuent.
Je n'ai plus regardé, je n'ai pas écouté,
et j'ai repris mon cours calme et paisible, en moi.
Intérieur.

Haïssable

Où est donc ce bonheur espéré le matin, égaré dans mes nuits-désespoir, yeux ouverts ? Et cette fois encore tenu de débourser la rançon obli...