jeudi 28 novembre 2024

Désolé

 

Saturé. Trop d’années,

nombre de matinées,

autant d’après-midi

et finir en soirées…

saturé, trop donné

à ces maux, ces douleurs

à tant de lassitude,

aux oublis, au confus…

saturé, trop usé

à ne plus reconnaître

celui que je deviens

qu’il me faut accueillir…

saturé, sa-tu-ré,

excusez, désolé,

je n’ai rien demandé,

je suis accaparé…

 

Désolé, saturé…

 

© andré elleboudt

samedi 23 novembre 2024

 

Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche. Souvenir de l’école. Rien de neuf dans ces mots. Je ne veux cependant pas brider mon regard. Car à gauche et à droite nos sociétés hésitent et bien souvent obliquent. Valeurs d’humanité ou abjections obscures, indifférence crasse. Gauche et droite aux extrêmes. Trahison. Entre-soi. Complot. Courte mémoire.

 

Tant mieux diront les uns. Les autres gémissant. Et le monde en est là.

 

De plus en plus nombreux des badauds se rassemblent aux balcons de l’Histoire. Ils cultivent en silence les plantations séchées de leurs indifférences. D’autres esprits se penchent sur le quoi, le comment, le quoi et le pourquoi.

 

Tout cela tout partout ressemble à l’hallali de nos rêves d’humains. Tout allait s’arranger proclamaient, dépassés, les Chambres et les Sénats. Quand sonne le réveil de l’urgence absolue, dites-moi, que fait-on ?

 

 

 

jeudi 14 novembre 2024

Dégel

 

Dans ce lieu inconnu je retrouve surpris des teintes qui me parlent.

Peu couru des gens bien, les marles le fréquentent. L'eau du canal étouffe.

Trois oiseaux, des passants et sur l'eau un chaland. La neige fond, salie.

Un ressenti pesant. Un homme planté là cherchant on ne sait quoi.

La quête d'un repas ? Âgé et courbatu, condamné s'il se trouve à finir au canal.

On devine un enfant. Entre ses deux parents ?

S'éloigne le chaland. C'est un triste matin, un hiver froid sans fin.

A Gand.

Le dégel.

Peint.

 

© andré elleboudt

devant un tableau de Albert Baertsoen – Le dégel à Gand

mardi 5 novembre 2024

Brocart

 

Il faut beaucoup de temps pour patiemment tisser l'éphémère brocart qui fait du quotidien le trésor d'une vie.

 

Manipuler sans cesse l'outil tantôt boiteux ou tantôt merveilleux assemblant les divers pour en faire un commun demeure un vrai défi. Il demande courage, optimisme et santé dans un savant mélange de nuits noires et bleus rêves.

 

Les relations humaines qui surgissent des liens noués dans la patience fil à fil, nœud à nœud, composent dans nos jours un tapis de bien-être. La vie se fait douceur, rencontres chaleureuses, échanges de valeurs, partage de saveur et souvent grand bonheur.

 

Quand parfois il se peut que des fibres se brisent, c'est l'ouvrage en entier qui perd son harmonie. Et le regret s'installe puis parfois la rancoeur.

C'est

Ignorant. Tourmenté. Un moi déjà de doses inconnues aux effets malplaisants à vivre au quotidien. Passer outre, il le faut. Modifier le re...